Homme-machine aux costumes trois pièces, aux cheveux gominés et à la moustache finement taillée, Arnaud Rebotini est considéré comme l’un des pères de la techno en France. Vous avez pu le découvrir en live (si ce n’est pas le cas, régalez vous notre vidéo ci-après) lors de notre RDV Space in Faders  2016, le salon de la musique électronique par Star’s Music. On en profite pour faire un zoom sur sa carrière et sur l’utilisation de son matériel analogique qu’il maitrise avec brio.

L’artiste.

Producteur, auteur, compositeur et interprète, passé par le rock et le death metal (avec Black Strobe), sa carrière artistique est aussi imposante que sa carrure. L’homme qui manie les synthés mieux que personne est aussi l’auteur de la bande originale du film nominé aux Oscars de Robin Campillo « 120 battements par minute » dont il reçoit le César de la meilleure musique originale en 2018. Aussi connu sous le pseudonyme de Zend Avesta, Arnaud Rebotini est un des piliers de la musique électronique française depuis deux décennies.

B.O. « 120 battements par minute »


Son matériel.

La particularité de l’artiste se trouve sur son set composé d’un très grand nombre de machine analogique mais aussi par l’absence d’ordinateur, tablette ou laptop. Arnaud préfère le souffle, les défauts et l’imprévisibilité des machines et sort d’ailleurs l’album « Music Components » sur le label Citizen Records en 2008 entièrement conçu et réalisé avec des machines analogiques telles que la boîte à rythmes Roland TR-808, ou les synthétiseurs Roland SH-101 ou encore Roland Juno-60, des synthés qui on fait l’histoire de la musique électronique. Tous ses modèles de machines Roland ont été remis au goût du jour dans des nouvelles éditions à découvrir chez Star’s Music.

Même si l’artiste possède aussi des synthés numériques, il joue principalement de l’analogique, même s’il précise que, comme les guitares électriques, « Beaucoup de guitaristes jouent sur des guitares vintage sans pour autant faire la musique vintage. »

Ses lives.

Véritable show-man, on le voit souvent au milieu d’une installation gigantesque de synthétiseurs. Pour maintenir le côté Rock & Roll de la scène (en référence à son groupe Black Strobe) il choisit de garder le geste de musicien et de ne pas utiliser d’ordinateur. Ces lives sont dont à 100% de sources synthés analogiques. Bien sûr, même s’il reste sans ordi sur scène, comme tout le monde, Arnaud Rebotini utilise un ordinateur en production pour enregistrer ou pour mixer.

Rebotini @ Space in Faders

Ses conseils.

« Je conseille toujours le synthé Roland SH-101 parce qu’il a un énorme atout pédagogique, il permet de comprendre la synthèse soustractive analogique. Il est aussi très instinctif, vous ne pouvez pas trop vous perdre avec et il fait partie des synthés qui ont fait l’histoire de la musique électronique. » Interview Trax

Il est vrai que le nombre logiciel et bandes de sons étant tellement large aujourd’hui qu’on peut se retrouver perdu en live derrière son ordinateur. De ce constat, l’artiste musicien nous offre un nouveau regard : En terme de créativité, c’est bon de réduire son champ de prospection. »

Black Strobe – I’m a Man